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Film Chamonix le 12 Décembre 18 H

Notre association est invitée à venir débattre à l’issue de la projection de ce film Dimanche 12 Décembre à 18 à Chamonix au cinéma le VOX , passage BARTAVEL.

Plusieurs membres du bureau seront présents.

Voici le synopsis du film et un article publié dans Le Monde au sujet de ce film

Synopsis

Depuis longtemps, Nicolas se débrouille seul. Aujourd’hui, il a 13 ans, aime l’histoire d’Ulysse, Jack London, et vit en foyer dans la vallée de la Bruche avec son ami Saïf, arrivé lui, de loin, par la mer. Ensemble, ils partent dans les bois écouter leur musique, parlent filles et mobylettes. Ou fuguent. Parfois, Nicolas retrouve sa mère et les siens pour une virée à la fête foraine, une grenadine ou un baptême. Mais bientôt il a quinze ans et l’avenir s’approche. 

L’article du Monde

Marie Dumora suit depuis une vingtaine d’années, une grande, brutale et merveilleuse famille Yéniche, et dans ses films, le personnage d’un film l’amène vers le suivant comme le ferait un fil d’Ariane, si bien qu’il n’est pas rare de le retrouver quelques années plus tard d’un film à l’autre dans ce qui est devenu une sorte de saga documentaire où l’intime relie à l’universel, au mythe, au romanesque et aux autres….depuis « Avec ou sans toi » puis « Je voudrais aimé personne » la réalisatrice suit les membres de la famille Muller…des yéniches…une communauté semi nomade, d’Europe centrale, et aux origines variables, parfois injustement assimilés aux Roms, même s’ils partagent un mode de vie proche, sédentarisation récente, et exercent les mêmes métiers , ferrailleurs, vanniers, rémouleurs…cette communauté a révélé quelques célébrités, du milieu, comme les frères Homec, des boxeurs comme Christophe Dettinger, Lucien Norcy, des footballeurs comme François Remetter , Johny Léonni et Antoine Griezmann, des chanteurs comme Stéphane Eicher, Franz Bauer…. Pour revenir à la famille Muller, les grands parents se sont rencontrés au Struthof où ils ont été déportés par les nazis comme les tsiganes et les juifs….S’étant échappés, ils ont bâti une grande famille de huit enfants…Dans un précédent documentaire on faisait la connaissance des sœurs Sabrina et Melinda Muller qui ont, elles-mêmes grandi en foyer…

Là Marie Dumora s’attache au jeune Nicolas, placé au foyer Oberlin de Schirmeck -La Broque depuis son jeune âge, sa mère l’ayant eu à l’âge de 15 ans…Chaque week-end il retourne chez sa mère , réinstallée avec un ferrailleur….Marie Dumora, ne juge pas, laisse la place aux dialogues…porte un regard bienveillant sur cette famille, attentif à ce jeune garçon écartelé entre deux foyers, sa mère et l’institution. C’est un garçon qui comme le remarque sa mère, a plutôt de bonnes notes, ne fait pas beaucoup de conneries même s’il fugue une fois ou deux, qui a pour ami Saef, jeune tunisien venu par la mer en ayant laissé sa famille au pays, qui lit l’Odyssée et L’appel de la forêt et écoute de la musique classique, qui aime les longues promenades …qui suit attentivement les observations astrologiques d’un brave Géotrouvetou de Russ, la ville voisine, qui a installé dans sa maison un observatoire fait de bric et de broc. Marie Dumora a inclus dans son film des extraits d’un précédent, on saute du baptême de Nicolas à celui d’une quatrième sœur…La grande question reste celle du devenir…comment éviter de reproduire le destin familial d’un milieu précaire, à la lisière d’une délinquance que le montage laisse délibérément hors champ, comment échapper aux déterminismes sociaux et historiques… Marie Dumora sait filmer l’intime avec une infinie justesse, sans forcer le trait ou à l’inverse se détourner de la dureté de certaines situations. Toujours parfaitement à sa place, elle signe une œuvre aussi émouvante qu’attachante

Ce cinéma à la fois subtil et précis, sans pathos, sans nul besoin d’un commentaire qui viendrait nous expliquer ce qu’il convient de penser, en nous plaçant simplement dans une position de proximité pudique, nous donne à percevoir tout à la fois une dynamique individuelle, une histoire familiale singulière, douloureuse, joyeuse , un paysage social tourmenté, ainsi qu’une histoire, la nôtre, charriant sa part tragique. 

On sort de ce film enrichi, avec le sentiment d’avoir fait la découverte d’une nouvelle part d’humanité, de notre humanité.